À Paris, les pistes cyclables battent encore des records en 2026
La fréquentation des pistes cyclables parisiennes continue de grimper. Selon les chiffres publiés par la Ville de Paris en septembre 2026, le trafic cyclable dépasse de plus de 10 % celui de 2025, une année déjà record. Une dynamique qui confirme l'installation durable du vélo dans le paysage des mobilités franciliennes.
Une hausse spectaculaire depuis le début de l'année
Les chiffres de la rentrée sont sans appel. Depuis le début 2026, l'évolution du trafic cyclable parisien connaît une envolée particulièrement nette depuis le mois d'avril. Le trafic de nombreuses pistes dépasse de plus de 10 % celui de 2025, qui était déjà l'année la plus fréquentée jamais enregistrée.
Cette progression s'inscrit dans une tendance de fond observée depuis plusieurs années. Entre 2020 et 2025, la fréquentation des pistes cyclables a bondi de 47 %, dont encore 7,9 % sur la seule année 2025.
Certains axes concentrent une part importante de ce trafic. Le boulevard de Sébastopol reste la piste la plus empruntée de la capitale avec 15 596 vélos comptabilisés par jour, en hausse de 7 % sur un an. La rue de Rivoli (Paris Centre) arrive en deuxième position avec 11 391 cyclistes quotidiens, suivie de près par le boulevard de Magenta (10e) et ses 11 353 passages.
De nouveaux records absolus ont également été franchis ces derniers mois : plus de 6,1 millions de passages cumulés au 8 boulevard de Sébastopol, plus de 5 millions au 126 rue de Rivoli et boulevard du Palais, et plus de 4 millions au 87 boulevard de Magenta.
Les progressions les plus marquées entre 2025 et 2026 concernent le pont de la Concorde (+17 %), le quai d'Orsay (+14 %), le boulevard de Sébastopol (+12 %), l'avenue des Champs-Élysées (+8,5 %) et le boulevard de Magenta (+6,5 %).
Le vélo dépasse la voiture pour les trajets domicile-travail
La part modale du vélo dans les déplacements domicile-travail des actifs parisiens atteint désormais 10,4 %, selon une récente étude de l'Institut Paris Region. À titre de comparaison, la voiture représente 9 % de ces mêmes déplacements, contre 12,3 % en 2015. Le basculement est donc acté : à Paris, on va désormais plus souvent travailler à vélo qu'en voiture.
Cette transformation des usages s'accompagne d'une évolution des infrastructures. Fin 2025, pour la première fois, Paris comptait plus de places de stationnement pour les vélos (136 510) que pour les véhicules motorisés (119 623). Le linéaire d'aménagements cyclables atteignait 1 607 km, soit une hausse de 2 % en un an et 31 km supplémentaires créés en 2025.
Des questions de sécurité autour de la pratique du vélo
Cette fréquentation record n'est pas sans poser des questions d'aménagement. Certaines pistes cyclables sont aujourd'hui au bord de la saturation. « Des fois, ça bouchonne comme sur le périphérique », témoigne une cycliste parisienne, qui dit privilégier les axes secondaires aux grands boulevards aux heures de pointe.
Pour Pierre Danzas, co-référent plaidoyer de l'association Paris en selle, la solution réside dans l'élargissement des chaussées cyclistes et la création de nouvelles pistes sur les axes saturés.
Face à cette affluence croissante, la Ville de Paris rappelle l'importance des règles de sécurité pour tous les usagers. Le port du casque, le respect des piétons et la vigilance face aux angles morts des poids lourds sont particulièrement soulignés. Près de 40 % des cyclistes impliqués dans un accident avec un poids lourd se trouvaient dans l'angle mort de ce dernier.
La cohabitation entre cyclistes, piétons et trottinettes reste un enjeu central pour que cette dynamique se poursuive dans les meilleures conditions.