Des voleurs percent les réservoirs pour s'emparer du carburant
Plusieurs automobilistes de Clermont, dans l'Oise, ont retrouvé leur véhicule avec le réservoir percé et vidé de son carburant. Une méthode plus destructrice que le siphonnage classique, qui laisse derrière elle une facture sans commune mesure avec les quelques dizaines de litres dérobés. D'autres vols de carburant ont été signalés ces derniers mois en France, mais ils visent avant tout des poids lourds et des engins de chantier.
Une série de véhicules touchés à Clermont, dans l'Oise
Les faits se sont déroulés à Clermont, dans l'Oise, dans le secteur de la rue du Général-Pershing. Plusieurs habitants ont découvert leur véhicule avec le réservoir directement percé. Au moins quatre plaintes ont été déposées, et des riverains évoquent une dizaine de voitures potentiellement concernées. La gendarmerie a ouvert une enquête.
Une des victimes estime qu'environ 30 litres de gazole lui ont été dérobés et évalue son préjudice total à près de 500 euros. Le mode opératoire consiste à percer le réservoir sous la carrosserie, vraisemblablement à l'aide d'une perceuse, plutôt qu'à passer par la goulotte de remplissage, désormais protégée sur de nombreux modèles.
Le carburant volé devient le moindre problème
Percer un réservoir change l'ampleur du préjudice. À Clermont, une victime évoque environ 500 euros de dommages pour quelque 30 litres dérobés. Dans un cas survenu en avril à Saint-Laurent, dans les Ardennes, le devis de remplacement du réservoir atteignait 1 230 euros, très au-delà de la valeur du gazole qui pouvait s'y trouver.
Une partie du carburant peut d'ailleurs se répandre au sol plutôt que finir dans le bidon des voleurs. Pour l'automobiliste, la découverte d'une flaque sous la voiture impose de ne pas reprendre la route. Au carburant perdu s'ajoutent alors le dépannage, l'immobilisation du véhicule et le remplacement du réservoir. La prise en charge dépend ensuite du contrat d'assurance et des garanties souscrites.
Des vols déjà signalés, mais surtout sur des poids lourds
Le cas de Clermont n'est pas une première. En avril, dans les Ardennes, une automobiliste avait découvert une flaque de gazole sous sa voiture : les voleurs auraient d'abord tenté de forcer la trappe à carburant avant de s'attaquer au réservoir. La gendarmerie indiquait alors avoir enregistré plusieurs vols de carburant dans le département en une quinzaine de jours, en précisant toutefois que les poids lourds en constituaient les principales cibles, avec parfois jusqu'à 1 000 litres dérobés sur un seul camion.
En juin, la chambre de commerce et d'industrie du Puy-de-Dôme alertait à son tour sur une recrudescence des vols de carburant dans l'agglomération clermontoise. Là encore, engins de chantier et véhicules de transport étaient principalement concernés.
Ces épisodes ne permettent pas de conclure à une généralisation des réservoirs percés sur les voitures particulières. Cette méthode reste nettement moins courante que le siphonnage classique. Elle permet en revanche de contourner les dispositifs qui compliquent l'accès au carburant par la goulotte de remplissage, au prix de dégâts bien plus importants pour la victime.
Des carburants encore à des niveaux élevés
Après une forte hausse au cours de l'été, les prix des carburants ont commencé à se détendre en août, sans revenir à des niveaux bas pour autant. Selon les données de la Direction générale de l'énergie et du climat, le litre de gazole s'établissait en moyenne à 2,1690 euros le 7 août, contre 1,9762 euros pour le SP95-E10. Le ministère publie chaque semaine les prix moyens des carburants relevés en France.
Il faut toutefois se garder d'établir un lien automatique entre la hausse des prix et les réservoirs percés. Aucune donnée nationale ne permet d'affirmer qu'elle provoquerait mécaniquement davantage de vols. Elle augmente en revanche la valeur de ce qui peut être dérobé : 50 litres de gazole représentent aujourd'hui plus d'une centaine d'euros.
Que faire si l'on découvre son réservoir percé
Le premier réflexe est de ne pas reprendre la route. Une flaque de carburant sous le véhicule signale une fuite, et rouler dans ces conditions expose à une panne comme à un risque d'incendie. Il faut donc prévoir un dépannage plutôt que de tenter de rejoindre un garage par ses propres moyens.
Vient ensuite le dépôt de plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, qui conditionne la suite des démarches. La prise en charge des réparations dépend du contrat d'assurance et des garanties souscrites, le réservoir percé relevant d'une dégradation volontaire. Mieux vaut photographier les dégâts avant toute intervention et conserver le justificatif du dernier plein.