Voiture électrique d'occasion : ce que vaut la nouvelle aide
Depuis le 1er septembre 2026, l'achat ou la location longue durée d'une voiture électrique d'occasion ouvre droit à une nouvelle aide, créée par un arrêté du 10 août 2026 publié au Journal officiel le 12 août. Elle n'est pas versée par l'État mais par les fournisseurs d'énergie, dans le cadre des certificats d'économies d'énergie. Son montant n'est donc pas fixé par le texte : il dépend de l'opérateur, et se situe aujourd'hui autour de 300 à 380 euros, loin des quelque 1 000 euros du bonus écologique occasion en vigueur jusqu'en 2024. Le dispositif est ouvert sans condition de revenus, pour les opérations engagées avant le 1er septembre 2030.
Une aide financée par les fournisseurs d'énergie, pas par l'État
Le dispositif ne relève pas du bonus écologique ni du budget de l'État. Il prend la forme d'une fiche d'opération standardisée du dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE), référencée TRA-EQ-133 et intitulée « Achat ou location d'une voiture particulière électrique d'occasion ».
Le mécanisme est indirect. Les fournisseurs d'énergie et de carburant sont soumis à des obligations d'économies d'énergie. En finançant une opération inscrite dans une fiche standardisée, ils obtiennent en retour des certificats qui viennent alimenter leur quota. Ce sont donc eux qui versent la prime au bénéficiaire, chacun avec ses propres modalités.
La fiche attribue un forfait de 42 200 kWh cumac par voiture électrique d'occasion, pour une durée de vie conventionnelle de 12 ans. Ce forfait est l'unité de compte du dispositif : c'est lui qui est converti en euros.
Quel montant espérer pour un véhicule électrique d'occasion ?
C'est le point le plus souvent mal compris : l'arrêté ne fixe aucun montant en euros. Il fixe un volume de certificats, et la valeur de ces certificats se négocie sur un marché.
Au cours observé fin août 2026, le kWh cumac se valorise entre 0,007 et 0,009 euro selon les opérateurs. Appliqué au forfait de 42 200 kWh cumac, cela donne une aide comprise entre 295 et 380 euros environ, soit près de 337 euros pour une valorisation à 8 euros le MWh. Chaque fournisseur construisant sa propre offre, il peut être utile de comparer avant de faire sa demande.
L'ordre de grandeur reste très inférieur à celui du bonus écologique occasion que l'État versait jusqu'en 2024, de l'ordre de 1 000 euros. La nouvelle aide ne reconstitue donc pas le soutien précédent : elle en prend la place à un niveau nettement plus faible, ce qui explique l'accueil mesuré de la filière automobile.
Quelles voitures et quels acheteurs sont éligibles ?
Les conditions sont fixées par la fiche TRA-EQ-133. Le véhicule doit :
- être une voiture particulière 100 % électrique, l'électricité étant sa seule source d'énergie, ce qui exclut les hybrides, y compris rechargeables ;
- avoir été immatriculée pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023 ;
- présenter un état de santé de batterie d'au moins 80 %, ou une autonomie résiduelle d'au moins 80 % de l'autonomie homologuée, ou d'au moins 200 kilomètres ;
- être acheté ou loué auprès d'un professionnel de l'automobile habilité, ce qui écarte les transactions entre particuliers.
Côté bénéficiaire, il n'y a aucune condition de ressources. En revanche, l'engagement porte sur la durée : 36 mois de conservation minimum en cas d'achat, ou un contrat de location d'au moins 36 mois hors reconduction tacite. Un même particulier peut valoriser jusqu'à cinq véhicules, et chaque véhicule ne peut ouvrir droit à l'aide qu'une seule fois.
Une majoration réservée à certains professionnels
L'arrêté prévoit également une bonification pour les professionnels des services à la personne et de l'aide à domicile, dont les salariés utilisent leur véhicule au quotidien. Selon les éléments publiés à ce jour, elle porterait le montant de l'aide à environ 2 000 euros, sous réserve d'un prix d'achat inférieur à 25 000 euros TTC et d'une masse du véhicule inférieure à 1 800 kilogrammes.
Cette majoration est bornée dans le temps, plus étroitement que le dispositif principal : les opérations devraient être engagées avant le 1er janvier 2027 et achevées avant le 1er juillet 2027.
Comment faire la demande ?
La demande ne se fait pas auprès de l'administration mais auprès d'un fournisseur d'énergie ou de son intermédiaire, parfois directement en concession au moment de l'achat. Les montants variant d'un opérateur à l'autre, la comparaison des offres est le premier réflexe utile.
Deux points de vigilance ressortent des conditions du dispositif. D'abord, la date de signature : le bon de commande ou le contrat de location doit être postérieur au 1er septembre 2026, le dispositif n'étant pas rétroactif. Ensuite, les justificatifs à réunir, à savoir le certificat d'immatriculation, un document attestant l'état de la batterie ou l'autonomie résiduelle, et une extraction du système d'immatriculation des véhicules établissant la date de première immatriculation et la durée de détention antérieure.
Les opérations peuvent être engagées jusqu'au 1er septembre 2030, ce qui laisse quatre ans pour en bénéficier.